Zut! je l'ai dit

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A chaque fois que je me connecte sur facebook (oui je suis sur flessbook), question de glander un peu plus que de se faire des nouveaux amis, je suis apostrophé par le message d'accueil : " Que faites-vous en ce moment ?"...


Qu'est-ce que je fais en ce moment ? C'est une bonne question. J'ai toujours eu envie de répondre : je suis entrain de me toucher les castagnettes, pour le cas ou cela peut faire avancer les choses.

Je n'ai jamais osé le faire peut être par pudeur ou par politesse ou tout simplement parce que, en fin de compte, je me disais que cela n'intéressait personne de savoir que je suis entrain de me toucher les parties génitales (les miennes je m'entend). Eh bien, il va falloir que je me détrompe. Car figurez-vous, en faisant un tour dans les parages (j'aime bien glander je vous ai dit) il s'est avéré que certaines personnes s'intéressent sérieusement à des activités pareilles que je qualifierai de sanitairement recommandées. Elles veulent même savoir avec quelle main les attouchements se font et si il y a eu une conséquence quelconque.

Voyez-vous cela confirme que tout à une valeur et un intérêt dans la vie. Même les trucs qu'on pense futiles servent à quelque chose.

A LEGAL ALIEN

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Il y a dix-sept ans de cela disparaissait l’une des figures intellectuelles et diplomatiques les plus émérites de l’histoire contemporaine de la Tunisie. A 51 ans à peine, s’en alla brutalement le plus englishman des tunisiens : Hammadi Essid. Personnalité emblématique, sa disparition fut une perte immense pour sa famille en particulier, et pour sa patrie et le monde arabe et musulman en général. Car avec lui, s’est enterré aussi un projet qui aurait pu, à défaut de résoudre définitivement le conflit israélo-palestinien, soulager au moins les souffrances du peuple palestinien, à savoir le dialogue entre juifs et arabes.

Hammadi Essid croyait dur comme fer que «l'échange des idées et la réflexion en commun étaient les moyens les plus efficaces pour parvenir à la solution des crises et des conflits». C’était pour lui plus qu’un credo : un mode de vie et de comportement qui lui a valu la considération et le respect de ses « ennemis » plus que ses supposés « amis » qui redoutaient ou plutôt lui reprochaient sa franchise et son franc parler.

Par sa finesse, sa verve et surtout sa grande culture, Hammadi Essid se trouva embarqué dans les années 80 dans des débats qui continuent à faire rage même aujourd’hui : Quelle est la place de l’Islam et du monde musulman dans la modernité et quelles sont les solutions pour réconcilier l’Islam avec l’occident ?

Ses réflexions et ses prises de position étaient d’une pertinence prodigieuse. Son charisme et sa force de conviction une évidence incontestable. Il avait le don de tenir les propos justes au moment adéquat. Il ne parlait pas pour parler. Dans les débats auxquels il participait, il ne cherchait pas à corriger ou à humilier le vis-à-vis. Soucieux toujours de dissiper les malentendus, il remettait, avec la lucidité et le talent qui le distinguaient, les choses dans leur cadre naturel ce qui avait pour effet de dérouter et séduire á la fois ses interlocuteurs. Même un certain Theo Klein, qui fut à un moment Président du Conseil représentatif des institutions juives de France (avec tout ce que cela suppose) dira un jour de Hammadi Essid qu’il a été subjugué par son intelligence et sa capacité de discernement au point de prendre le risque de transformer le débat entre les deux hommes en un livre, « Deux vérités en face », qui, dans son audace, bousculait les crédos dominants à l’époque.

En outre de sa vocation comme diplomate chevronné, Hammadi Essid a été un écrivain, critique, cinéphile et cinéaste. On lui doit plusieurs courts métrages ainsi que la Cinémathèque Tunisienne dont il est le fondateur.

Son apport pour la diplomatie et pour la culture est inestimable. Fort malheureusement, feu Hammadi Essid est parti tôt. Trop top diraient même certains, laissant derrière lui un vide qui non seulement n’a pas été comblé mais a été usurpé par une horde de barbus enragés qui se sont autoproclamés les porte-paroles des arabes et des musulmans.

Cybermosqué

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Décidemment, l’Islam est un phénomène omniprésent, à défaut de dire «omni-imposant». Il suffit que le mot soit à peine prononcé pour que les détracteurs et les initiés, fideles ou non, se mobilisent pour se jeter dans l’arène des joutes verbales et autres. Jamais un sujet n’a été si dérangeant, si fédérateur, si mobilisant et si incitant à la discorde à la fois.

Dans un monde contemporain fait de sociétés de consommation, l’islam est devenu un argument de vente, un produit qu’on s’arrache. A ce titre, il n’échappe à personne que pour pouvoir réaliser un best seller il suffit de faire appel a ce sujet pour atteindre les sommités de la popularité. Recensez les livres qui parlent de l’Islam et vous verrez qu’il dépassent de loin tous les autres livres qui parlent d’autres sujets. A ce propos, même la Bible et le Thora ne font pas le poids.

Sauf que l’Islam, dans ces multiples facettes polémiques, ne s’est pas contenté de rester relégué aux étagères des bibliothèques et des librairies pour faire parler de lui. Petit à petit, il a investit d’autres espaces non évidents ou inespérés. C’est ainsi par exemple que la religion mohammadienne a littéralement envahi les devants de la scène cinématographique et cathodique au point de faire exploser tous les box office et tous les audimats enchainant un record derrière l’autre.

Tout récemment, l’Islam a « déserté » ces espaces devenus trop classiques, pour monopoliser, presque, les espaces de communication et d’expression cybernétique. L’islam est aujourd’hui partout dans le web. Il suffit de taper le mot pour que des millions de pages se déclinent devant l’utilisateur ne laissant à ce dernier que l’embarras du choix.

Ce qui est incroyable dans l’affaire c’est que l’islam sait s’adapter et s’accommoder a toutes les nouveautés « in ». Il suffit qu’un concept marche et devient populaire pour que l’islam se l’approprie d’une façon ou d’une autre. C’est ainsi par exemple qu’après les sites de chat et les forums, c’étaient au tour des blogs de subir l’intrusion de ce sujet fort polémique. Aujourd’hui c’est facebook, un site conçu pour être un outil social et donc relativement éloigné des questions philosophiques et intellectuelles, qui marche bien. Et alors que cela ne tienne, l’islam est déjà entrain de tisser sa toile dedans. Qui a dit que les « Futuhat » s’est bien révolu ? Bonjour les dégâts !

ALLONS AU CINEMA

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Dans un pays où la culture est devenue une denrée rare, la projection d’une pièce de théâtre ou la sortie d’un film tunisien s’imposent comme un événement culturel à ne pas rater sous aucun prétexte et ce indépendamment de la qualité de l’œuvre proposée. Que dire alors lorsque l’œuvre à laquelle les spectateurs sont conviés est signée par un artiste accompli et confirmé ? “Thalathoun”, ou “Trente”, puisque c’est de ce film qu’on parle est l’événement cinématographique que le tout Tunis attendait et qui est projeté ces jours-ci dans différentes salles de la capital.





A en croire les commentaires des medias et les indiscrétions filtrées, l’œuvre en question est un véritable « Blockbuster » national (toute proportion gardée bien évidement). « Thalathoun » est le film tunisien qui a couté une somme colossale et qui a nécessité la participation de 211 comédiens et de plus de 500 figurants. Comme il s’agit d’un film d’époque, le réalisateur n’a pas lésiner sur les moyens pour recréer le plus fidèlement possible l’ambiance de la période durant laquelle se déroulaient les faits de son œuvre. Tout a été minutieusement préparé afin que la fiction soit le plus sincère possible. Rien ou presque n’a échappé à l’œil vigilante d’un réalisateur exigeant et souvent reconnu comme talentueux : costumes, décors, détails… Le résultat est que le film, quoi qu’on puisse dire, est sublime.

Le film est une véritable fresque qui retrace un pan de l’histoire de la Tunisie et plus précisément les années trente du siècle dernier. Il s’agit d’une période clé qui, réflexion faite, nous enseigne que l’histoire est un perpétuel recommencement. En effet, le film est présenté comme un hommage à une époque qui fut marquée par le renouvellement de la pensée libre et la lutte contre l’obscurantisme et la régression (comme quoi l’obscurantisme et la régression ont toujours été d’actualité et le sont encore).

Fadhel Jaziri, réalisateur et metteur en scène de « Thalathoun », nous projeté dans une décennie riche en événements, en rebondissements et en émotions. Une décennie qui a vu défiler des hommes et des femmes d’exception. Des esprits cultivés qui, dans la souffrance, le sacrifice, l’abnégation et même parfois dans le sang, ont réussit, ou presque, à marquer et à reformer la société tunisienne. Bref, que des noms et des figures emblématiques comme Tahar Haddad, Ali Douagi, Abou el Kacem Chebbi, M’hamed Ali Hammi, Zine El Abedine Snoussi, Habib Bourguiba (et j’en oublie)…

Rein qu’a lire les noms de ces fameux illustres, on devine immédiatement que Jaziri s’est attaqué avec son œuvre à une période de notre histoire qui est très complexe et point facile à cerner pleinement. C’est un véritable défi qu’il a entreprit et la question qui se pose : A-t-il réussit son pari ?


Difficile de dire jusqu’ou l’œuvre de Fadhel Jaziri a été réussie. Le film est beau et la trame est bien travaillée. Techniquement l’œuvre de Jaziri est une perle. Le directeur de la photo a fait un travail de joaillier. Les prises de vue frôlaient parfois la perfection. Sur le plan esthétique, le film de Jaziri est d’une qualité qui n’a rien à envier à ce qui se fait de mieux ailleurs en Europe et mêmes aux Etats Unis. Mais, cela n’empêche que, regrettablement, le film a été parsemé ici et là par quelque imperfections qui ne peuvent passer inaperçues.

Personnellement, bien que j’ai adoré le film, j’ai regretté le jeu des acteurs que j’ai trouvé léger et parfois superflu (une mention spéciale par contre pour l'acteur qui joua le rôle du Bey, il était magistral, et celui qui joua le mufti Belkhodja, authentique au point de paraitre touchant). Le casting à mon avis aurait pu être plus judicieux de la part d’un metteur en scène qui s’y connait en dramaturgie Enfin, je regrette que Fadhel Jaziri n’ait pu se libérer de sa formation d’homme de théâtre. Il y avait des moments ou l’on avait l’impression qu’on était entrain de regarder une pièce de théâtre filmée et non une œuvre cinématographique. Le va et vient inexplicable entre l’arabe littéraire et le dialecte tunisien dans les dialogues conférait une certaine lourdeur que le réalisateur aurait pu éviter au spectateur.

Sinon, ces désagréments n’enlèvent en rien à la beauté et à l’intérêt de la fiction signée par Fadhel Jaziri. Je vous recommande donc vivement d’aller voir ce film d’un esthétisme rare. Ça vous réconciliera probablement avec le cinéma tunisien et surtout avec les salles de cinéma tunisiennes.